Audric de Campeau (le Miel de Paris)

Audric de Campeau

Voici le portrait de Audric de Campeau (le Miel de Paris)

Audric, merci de nous accorder cet interview. L’apiculture est un sujet très intéressant et je suis certain que nos lecteurs chez Apis Cera voudraient en savoir d’avantage !

Apis Cera: Peux-tu nous donner ton âge et ta situation géographique ?
Audric de Campeau: J’ai 30 ans et j’habite entre Paris et la Champagne.

Et à quel âge as-tu commencé l’apiculture ?
J’ai commencé l’apiculture il y a une dizaine d’années en Champagne, dans la propriété de mes parents. Une ruche, puis deux, puis cinq : très vite je me suis passionné pour l’activité apicole et suis devenu un grand amoureux et protecteur des abeilles ! J’ai pensé débuter l’apiculture en observant mes vignes, mon potager biologique et mon arboretum que je commençais alors. Très intéressé par tout ce qui concerne la nature (botanique, ornithologie, astronomie, etc.), débuter l’apiculture était une suite logique et captivante après les légumes, le Champagne, et les arbres !

Audric de Campeau (le Miel de Paris)

Combien de ruches as-tu actuellement et combien en avais-tu au début ?
J’ai donc commencé avec une simple ruche à la campagne et maintenant une dizaine, dont 7 ruches au cœur de Paris!

Combien d’abeilles sont dans tes ruches ?
Les parisiennes sont en coloc de 60000 butineuses environ en période estivale !

Audric de Campeau (le Miel de Paris)

Quelle est ta partie favorite dans l’apiculture ?
J’aime tout le rituel qui précède l’ouverture de la ruche (habillage en tenue, préparation de l’enfumoir avec la paille qu’on roule en boule, etc.), j’aime la surprise à chaque ouverture de ruche (les cadres sont couverts de propolis (ou non !), les abeilles sont très nerveuses ou toutes tranquilles, le sucre a été dévoré ou complètement ignoré) : en apiculture, on ne prévoit que 30% du travail, le reste ce sont les abeilles, le climat et les saisons qui décident pour nous ! L’apiculture c’est un art, un métier, avant d’être une science.
J’aime également, dans l’apiculture à Paris, cette parenthèse champêtre et hors du temps qui est magique : enfiler ma tenue d’apiculteur sur les toits du Musée d’Orsay, de l’Ecole Militaire, avec vue plongeante sur la Tour Eiffel, descendre dans les douves de l’Hôtel des Invalides, prendre un « bain d’abeilles », d’odeurs de miel et de propolis, puis remonter et reprendre mes habits civils… Le contraste est détonnant !
J’aime aussi étonner les passants et touristes qui me surprennent parfois en habit de cosmonaute en train de travailler sur mes ruches… qui réalisent souvent alors leur photo souvenir de Paris vraiment unique et inoubliable!
Venir voir mes filles, c’est en fait ma « pause campagnarde hebdomadaire » indispensable dans cette ville magnifique, mais tout de même très stressée. Une heure de détente ou j’oublie la ville.

J’aime moins… les mauvaises surprises, les aléas climatiques qui empêchent les abeilles de travailler (au printemps 2013, elles ne sont presque pas sorties butiner à cause de la pluie incessante), les essaims qui partent en pleine ville, et qu’il faut rattraper !

N’as-tu pas peur de te faire piquer ?
Les abeilles ne piquent pas quand elles sont occupées et quand on les prévient bien de notre arrivée avec l’enfumoir… J’exploite une race sélectionnée pour sa douceur l’abeille Frère Adam, ou Buckfast. En ville c’est vraiment plus que recommandé! Donc, non, je n’ai pas cette appréhension mais je me protège parfaitement (tenue, gants, grosses chaussettes) et j’ai plus peur pour les autres, quand des non-initiés m’accompagnent… On ne sait jamais s’ils sont allergiques aux piqûres !
Mais à vrai dire, je pense que c’est une bonne chose que l’apiculteur se fasse piquer : c’est comme ça qu’il apprend! Les abeilles piquent en masse suite à une erreur ou une intervention trop longue. Et puis elles ont bien le droit de défendre leur merveilleuse production, même si je prélève cette « taxe de loyer » que de manière raisonnable, et contre gîte, soins, et couvert, si elles sont dans le besoin !

Audric de Campeau (le Miel de Paris)

Es-tu témoin d’effondrement des colonies dans ta région ? Tes ruches souffrent de ce désastre ?
En ville, nous sommes apparemment beaucoup moins concernés par ce problème de CCD  (Syndrôme d’effondrement des colonies). Probablement pour une raison principale : il n’y a pas de pesticides à Paris. Le CCD semble être multifactoriel, et l’absence de traitements chimiques sur champs de colza ou tournesol leur retire déjà une grosse épine de la patte ! (CF: article) J’ai apparemment peu de problème en Champagne aussi. Mais j’ai trop peu de ruches pour avoir un avis scientifique, objectif et quantifié. Quand je perds une ruche c’est souvent un problème de force de la colonie et de nourriture avant l’hiver.

Audric de Campeau (le Miel de Paris)

Quel type de fleurs, arbres ou plantes s’offrent à vos charmantes abeilles ?
Tilleuls argentés, sophoras du Japon, marronniers d’Inde, orangers du Mexique, noisetiers, romarins, mahonias… Paris, grâce à ses jardins publics et privés, ses grandes avenues arborées, offre une très grande variété d’arbres et de fleurs, indigènes et exotiques, bien plus étendue qu’on aurait tendance à imaginer. Ce qui permet une floraison riche et permanente tout au long de la saison. Pour plus d’informations, vous pouvez consulter la page Botanique de mon site !

Quel est ton type de miel favori ?
Les miels au nez puissant de fruits rouges macérés, avec une pointe de menthol et à la couleur dorée… Le Miel de Paris en fait ! J’aime aussi les miel de garrigue et romarins qu’on trouve en Provence.

Audric de Campeau (le Miel de Paris)
Audric de Campeau (le Miel de Paris)

Où te vois-tu dans un an ?
Je suis en train de monter en parallèle une startup de ruches High-Tech. Je vous en dirai bientôt plus !

Autre chose ?
NON, le Miel de Paris n’est pas pollué, confirmation par les laboratoires!! Le nectar sort pur du nectaire de la fleur, et immédiatement butiné, pas le temps d’être contaminé par les gazs d’échappement ou autres. L’abeille est filtre de son environnement, et il se trouve que le miel est plus pur que dans les zones d’agriculture intensives. Merci de ne pas m’avoir posé la question d’ailleurs ! 😉

Mon miel est en vente au Galeries Lafayette Gourmet, Boulevard Haussmann, et très bientôt dans les boutiques des Musée d’Orsay et Invalides !

Merci Apis Cera !

N’hésitez pas à visiter mon site internet ( photos, carte des ruchers et jardins de Paris, et plus encore)
www.lemieldeparis.com
Ma page Facebook ou je mets régulièrement des news des petites parisiennes.
La page Galerie Lafayette Gourmet.

 

Et en version anglaise:

Audric thanks for agreeing to do this interview with me! Beekeeping is a very interesting topic I’m sure that our readers at Apis Cera would like to know more about.

Apis Cera: Can you tell us where you live and how old you are?
Audric de Campeau: I’m 30 and I live between Paris and the Champagne region.

How and why did you get started with beekeeping?
I started beekeeping 10 years ago in Champagne, in my parents property. One hive, then two, then five:  I quickly became a great lover and protector of the bees! I had this idea to start beekeeping while taking care of my vines, my organic garden and arboretum that I was beginning at that time. Very interested in everything that relates to nature (botany, ornithology, astronomy, etc..), starting beekeeping was a logical and exciting move after vegetables, Champagne, and trees!

How many hives do you have currently and how many did you start off with?
I started with a single hive in the countryside and now ten, including seven hives in the heart of Paris!

How many bees are in your hives?
My Parisian bees have about 60,000 roommates in the summer!

What’s your favorite part of beekeeping?
I love the whole ritual that precedes the opening of the hive ( dressing in uniform, preparing the smoker with straw which is rolled into a ball, etc. . ) , I like the surprise each time I open a hive ( the frames are covered with propolis (or not!), bees are very nervous or quiet, all the sugar has been consumed or completely ignored ), beekeeping is 30 % of the work , the rest is up to the bees, the climate and the seasons ! Beekeeping is an art , a passion before becoming a science.
I also like bees in Paris, this rural pause and timeless magic that is : put my beekeeper outfit on the roofs of the Orsay Museum, the Military School, with an overlooking view of the Eiffel Tower, down in the moat of the Hotel des Invalides, take a « bees bath”, the perfume of honey and propolis, and then putting my civilian clothes back … the contrast is amazing!
I also like to surprise passers-by and tourists who sometimes are surprised to see me dressed as a spaceman working on my hives … which often make when their souvenir photo of Paris truly unique and unforgettable !
To see my girls, is actually my « weekly countryside break » which for me is essential in this beautiful city, but still very stressed . An hour of relaxation where I can just forget about the city.

I do not like … the bad surprises, the weather conditions that prevent bees from working (in spring 2013, they barely went out foraging because of the incessant rain), the swarms that go in the city, and that I must catch up!

Aren’t you afraid of being stung?
The bees do not sting when they are busy and when they are warned of your arrival with a smoker … I have specifically sweet bees: Brother Adam’s race, or Buckfast. In town it really is more than recommended! So, no, I do not have this fear, but I fully protect myself (clothes, gloves, thick socks) and I mostly fear for others, when the uninitiated are with me … You never know if they are allergic to stings! But frankly, I think it’s a good thing that beekeepers are stung sometimes: that’s how they learn! Bees sting are frequently due to an error or intervention that takes too much time. And they have every right to defend their wonderful production, even if I subtract the « rent tax » at a reasonable rate.

Are you witnessing any colony collapse in your area? Does your hives suffer this phenomenon?
In town, we seem much less affected by this CCD problem (Colony Collapse Disorder). Probably for one main reason: there are no pesticides in Paris. CCD seems to be multifactorial, and the lack chemical treatments on rapeseed or sunflower fields is one big plus! I apparently have little problem in Champagne too. But I have too few hives to have a scientific, objective and quantified view. When I lose a hive is often a problem of colony strength and food before winter.

What kind of flowers, trees or plants does your environment offer to your lovely bees?
Silver lime, Sophora Japan chestnut India, Mexico orange, hazelnut, rosemary, mahonias … Paris, with its public and private gardens, large tree-lined avenues, offers a wide variety of trees and flowers, native and exotic, far more extensive than we would tend to imagine. This enables a rich and continuing blooming season throughout the year. For more information, visit the Botanical page of my site!

What’s your personal favorite type of honey?
Powerful honeys of red fruits macerated with a hint of menthol and golden color … Paris honey actually! I also like the outback honey and rosemary type found in Provence.

Where do you see yourself in one year?
I’m creating a High-Tech hives start-up. More infos coming soon!

Anything else?
NO, Paris honey is not polluted, laboratory approved! Pure nectar comes out of the flower’s nectary, and immediately foraged. There is no time for it to be contaminated by exhaust gasses or other. The bee filters its environment, and it is found that honey is more pure than in areas of intensive agriculture. Thank you for not asking by the way!;-)
My honey is on sale at Galeries Lafayette Gourmet, Boulevard Haussmann, and soon in the Museum d’Orsay and Invalides souvenir shops!

Apis Cera thank you!

Feel free to visit my website (photos, map apiaries and gardens of Paris, and more)
My Facebook page.