La gelée royale

La gelée royale et tous ses bienfaits en apithérapie - Apis Cera

« … Je persiste à penser que s’il n’y a pas de raison pour attribuer à la gelée royale et à certaines de ses fonctions les qualités rajeunissantes qui lui ont été prêtées à grand fracas, il semble aujourd’hui certain que ce produit, atoxique, en quelque sorte alimentaire, est doué de qualités pharmacodynamiques multiples dont il est sans doute maladroit de négliger l’intérêt thérapeutique sous le prétexte que ses effets ne sont pas miraculeux. »

Docteur Hugues Destrem

Et oui, le vieux rêve du monde est plus vivace que jamais : échapper au vieillissement, et, au-delà peut-être, à la mort… Un certain docteur Faust a, pour cela, vendu son âme à l’envoyé de Lucifer ; Mais c’était une histoire, un rêve romantique, et ce démon-là n’était, somme toute, qu’un pauvre diable. Rien n’a vraiment changé : le docteur Faust prend des rides et soigne ses rhumatismes au coin du feu. Marguerite n’ose plus se regarder dans le miroir impitoyable des instituts de beauté. Le diable, lui, doit avoir d’autres savants à fouetter. La fontaine de jouvence reste désespérément à sec.

Et pourtant, l’espoir dans les thérapeutiques n’est pas mort. Que l’on pense au sérum de Bogomoletz ou à l’embryothérapie… entre autres !

Et la gelée royale ? Un rêve elle aussi ? Sans doute ! Elle a fait, et fait encore partie de la mythologie des drogues magiques. Mais pourquoi ? En fait, il semble bien qu’il y ait de bonnes raisons pour cela, et la moindre n’a pas été la fascination exercée sur les chercheurs par les « pouvoirs » de cet aliment sur les jeunes larves d’ouvrières destinées à devenir reines. En six jours, celles-ci multiplient par 1300 le poids initial de l’œuf ! La reine elle-même, nourrie exclusivement de gelée royale, vit quatre ou cinq ans. Contre les six semaines d’existence moyenne d’une ouvrière, nourrie de pollen, de miel et d’eau, cela fait une jolie différence !  Il n’en fallait pas plus pour rêver et pour prêter à cette nourriture « royale » des propriétés extraordinaires sur l’homme. L’argument se basait sur une logique très simple : ce qui est si bon pour l’abeille, pourquoi ne le serait-ce pas pour nous ?

La réalité, elle, est moins évidente. Mais s’il convient de garder du recul, de la prudence et un peu d’humour, gardons-nous aussi de la tentation des extrêmes : ce n’est pas parce que la gelée royale n’a permis à aucun humain de vivre jusqu’à cent cinquante ans qu’elle n’est qu’une vulgaire bouillie sans intérêt. La vérité, sinon la vertu, est sans doute entre les deux : aussi loin du mépris que l’inconditionnalité naïve.

La gelée royale est produite par les jeunes ouvrières, grâce à l’action de leurs glandes pharyngiennes. Pendant la période de leur vie où elles seront nourrices (une dizaine de jour environ), ces jeunes abeilles vont avoir pour unique fonction d’alimenter :

  1. Les larves d’abeilles : 2 jours de gelée royale + 3 jours de cocktail « eau / pollen / miel »
  2. Les larves de reines : 5 jours de gelée royale
  3. La reine : gelée royale toute sa vie

Cette gelée à l’apparence d’une pâte jaunâtre légèrement gélatineuse et dont l’odeur caractéristique rappelle celle du phénol.

Si elle n’a pas encore livré tous ses secrets, on sait cependant que la gelée royale contient :

  • Eau : 65 à 70 %
  • Glucides : environ 14 % – surtout des sucres simples, glucose et fructose
  • Protides : environ 13 % – surtout des acides aminés, composants extrêmement importants qui confèrent à la gelée royale une grande valeur diététique
  • Lipides (graisses) : environ 4 %
  • Vitamines : surtout les vitamines essentielles du groupe B
  • Sels minéraux et oligo-éléments : calcium, cuivre, fer, soufre, silicium, potassium, phosphore
  • 3 % des constituants de la gelée royale restent des éléments de nature encore indéterminée et que des éléments et que l’on a classé sous le nom de « facteur R ».

Il n’entre évidemment pas dans ce propos d’ignorer et de rejeter les applications thérapeutiques de l’apithérapie. Il faut surtout mettre l’accent sur les dangers possibles d’un traitement effectué sans la connaissance préalable des risques qu’il comporte. La santé passe – aussi – par la prudence. S’agissant d’un produit qui implique des règles strictes d’application, il est nécessaire de penser qu’il convient de prendre un avis médical avant d’entreprendre cette forme de thérapie. 

Nous n’entrerons pas ici dans l’analyse scientifique des constituants de la gelée royale. Ce n’est pas le propos. Il nous importe par contre de savoir que les travaux des chimistes, biologistes, spécialistes des laboratoires d’apiculture, s’accordent à lui reconnaître des propriétés diététiques certaines.

A ce propos, il n’est pas inutile de rappeler que la diététique concerne l’étude de l’hygiène et de la thérapeutique alimentaire, ce qui nous ramène an centre de notre démarche tenter d’appréhender les effets des produits de la ruche en tant qu’aliments et en tant que remèdes. Mais un aliment sain n’est-il pas, en soi, le meilleur des remèdes préventifs ? C’est une question d’importance !

Alors, que disent les spécialistes ? Bien sûr, ils ne crient pas au miracle, mais leurs constatations, pour être prudentes, n’en revêtent, me semble-t-il que plus de valeur. Ainsi, le docteur Destrem, déjà cité, écrit dans la Revue de Gérontologie :  » Nous avons l’impression qu’elle peut être considérée actuellement comme un agent thérapeutique de base du plus haut intérêt en gériatrie. Elle mérite mieux qu’une exploitation charlatanesque. Mais ne lui demandons que ce qu’elle peut donner.  » Dans l’état actuel de nos connaissances, la question se pose donc de cette manière : que peut nous donner la gelée royale ? Nous vous livrons ici quelques réponses.

« La gelée royale agit comme un stimulant biologique, énergétique, des différentes fonctions organiques. » (Docteur Introzzi, Université de Pavie.)

« Sur l’organisme humain, la gelée royale agit comme un stimulant : l’état général s’améliore, une certaine vigueur apparaît, la capacité de travail physique et intellectuel augmente, l’humeur devient bonne et optimiste… Chez les gens âgés, la mémoire et la vue s’améliorent. Elle agit favorablement sur l’artériosclérose, l’angine de poitrine, les ulcères, l’anémie, les états de dépression et l’asthénie »
Docteurs Troisky, Nisov et Loupatchev.

Impossible d’ignorer ces avis autorisés, étayés par des études sérieuses et non par cet engouement systématique dont la gelée royale a souvent fait l’objet. En fait, ces quelques citations résument assez bien semble-t-il, les limites, mais aussi les propriétés et les actions de ce produit de la ruche.

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Actions et propriétés que nous allons essayer ici de préciser :

Indications générales, ou la gelée royale et la « vertu de bon entretien». La gelée royale est un aliment de choix, capable de stimuler l’organisme grâce à sa richesse en différentes substances essentielles acides aminés, vitamines du type B et notamment la vitamine B 5, ou acide pantothénique, qui joue un rôle très important dans la chimie de nos cellules, oligo-éléments.

Ce pouvoir stimulant fournit à notre organisme une meilleure capacité de résistance; c’est-à-dire lui permet de mieux utiliser son potentiel aussi bien physique que psychique. C’est donc une leur défense contre les agressions du mal qui nous est ainsi offerte. Comme nous le disions pour le miel, la gelée royale possède cette vertu de bon entretien qui devrait être à la base de tous nos choix alimentaires. Plus la « machine » est bien entretenue, moins elle risque « l’accident », l’usure prématurée, la rupture ou le mauvais fonctionnement de tel ou tel de ses éléments. Ainsi en est-il pour la diététique. Nous sommes pour une grande part responsable de notre santé dans la mesure où nous sommes responsables de nos choix alimentaires.

Indications dites « Curatives » de la gelée royale Parallèlement à cette « vertu de bon entretien », la gelée royale, compte tenu de sa composition et de ses propriétés spécifiques, peut avoir un certain nombre d’actions curatives.

Elle est indiquée le plus Souvent pour combattre les troubles suivants » :

États de fatigue, légères dépressions ou affaiblissement de l’état général, surmenage, impuissance ou asthénie sexuelle, anémies, anorexie, troubles du sommeil, perte d’appétit, amaigrissements, états dépressifs, neurasthénie, anxiété, retard de croissance.

Il est à noter que les effets de la gelée royale sont sensiblement plus efficaces chez les personnes âgées et les très jeunes enfants que chez les sujets d’âge moyen.

Où trouver la gelée royale ?

Si la ruche est généreuse en miel et en pollen, elle l’est par contre beaucoup moins en ce qui concerne la gelée royale. C’est d’ailleurs cette rareté (et un engouement souvent excessif de la part des consommateurs) qui explique le prix très élevé de ce produit. C’est grâce à une technique appelée « élevage de reines » que les apiculteurs ont pu mettre au point un procédé naturel qui permet une «récolte » annuelle réellement commercialisable.

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La production de gelée royale réservée aux futures ouvrières et à la reine ne peut pas être prélevée elle est tout juste suffisante à leur nutrition. Les larves royales, par contre, en reçoivent une quantité qui dépasse largement leurs besoins. Or, l’on sait que les cellules royales ne sont construites par les abeilles cirières que si la reine meurt ou quitte la ruche au moment de l’essaimage, lorsque la colonie est devenue trop importante. Aussi, l’apiculteur désireux de pratiquer la « récolte de gelée royale » prélève-t-il la reine de la ruche, rendant celle-ci «orpheline ». Privées de leur mère, les ouvrières sont prêtes à élever des larves royales.

On place donc près du couvain un cadre de 40 a «cellules » (ce sont en l’occurrence des petites cupules en matière plastique) greffées, c’est-a-dire dans lesquelles on a placé des larves (âgées de 24 a 36 heures au maximum). Dès que les ouvrières ont « adopté » ces cellules artificielles, elles les transforment très rapidement en cellules de futures reines, qui seront abondamment alimentées en gelée royale. Trois jours plus tard, l’apiculteur retire le cadre de la ruche, extrait les larves des cellules et prélève, par aspiration, la gelée qu’elles contiennent 250 milligrammes environ par cellule.

Tel est le principe de la production de gelée royale, pratiquée évidemment par des apiculteurs professionnels très expérimentés.

La récolte achevée, la gelée doit être stockée et gardée au froid (5 au maximum) afin de lui conserver toutes ses propriétés. Dans ces conditions, elle pourra être consommée dans les quelques mois qui suivent la récolte; il faut cependant savoir que plus elle est fraiche, plus les principes actifs de la gelée royale restent intacts.

Cela nous amène à aborder le « conditionnement » de la gelée : sous quelle forme la trouve t-on dans le commerce, et comment la consommer, compte tenu des impératifs de conservation (température égale ou inférieure à 5C, abri de la lumière et de l’humidité) qui en font un produit très « fragile ».

Actuellement, on la trouve dans les magasins spécialisés ou chez les producteurs (c’est une excellente formule que d’acheter, autant que faire se peut, les produits de la ruche directement chez les apiculteurs: on est assuré de leur qualité) sous les formes suivantes:

Pure : vendue dans des pots de 3 à 20 grammes. Rappelons à nouveau la nécessité absolue de la conserver à basse température.

Lyophilisée : déshydratée sous vide et présentée sous forme de capsule, de gélule ou d’ampoule.

Contre-indications de la gelée royale ?

L’emploi de la gelée royale est, nous l’avons vu, largement conseillé. Que l’on nous permette cependant d’émettre une réserve. S’agissant dun produit dont une partie (aussi infime soit-elle) des composants est encore inconnue ou mal connue, il nous
semble important d’en user qu’avec prudence dans la mesure où certaines contre-indications que nous ignorons peuvent se révéler à l’usage. Aussi conseillons-nous vivement aux personnes qui désireraient entreprendre une cure de gelée royale, de ne le faire qu’après avis médical.

Nous aborderons dans un autre chapitre les « cures types » à base de gelée royale. A titre indicatif, et compte tenu des réserves émises plus haut, nous vous proposons cette « posologie moyenne chez un adulte sain » conseillée par le docteur
Donadieu (ef. La Gelée royale, éd. Maloine) :

 » Prendre tous les matins, à jeun, pendant six semaines, la valeur de 500 mg de gelée royale fraîche, que on laissera fondre sous la langue, à raison de 2 a 4 cures par an, réparties aux périodes critiques, variables en fonction de chaque individu, et que le médecin traitant est toujours à même de determiner. »

Voilà un excellent conseil de santé et qui entre parfaitement dans notre propos : la gelée royale comme le miel, mais surtout comme le pollen et la propolis, est avant tout un aliment et un remède préventif.

Alors, pas de miracle, mais heureuse santé : elle vous appartient et il vous appartient de la garder…

Lisez aussi nos pages spéciales sur le venin d’abeille et la propolis. Le monde des abeilles ne cesse jamais de nous émerveiller.

extraits de La Santé par le miel  par Jean-François Chèzeries (LDP)