La propolis

À la fin de l’automne, il arrive que les abeilles réduisent l’ouverture de l’entrée de la ruche avec de la propolis, pour se calfeutrer contre le froid.

Quel est ce curieux « matériau » avec lequel les ouvrières colmatent les fissures de leur demeure, consolident les rayons, bouchent les interstices entre les cadres et enduisent les parois internes de la ruche ? Un ciment ? Pas seulement ! Avec ce même produit, les « gardiennes » scellent aussi le corps des intrus (petits rongeurs, chenilles, etc.) morts à l’intérieur de la colonie, mais trop volumineux pour être évacués.

La propolis était bien connue de la médecine populaire il y a plusieurs siècles, puis elle est tombée dans l’oubli, avant de susciter un regain d’intérêt ces dernières décennies — parfois présentée, avec un peu trop d’enthousiasme, comme une panacée. Elle ne mérite ni cet excès d’honneur, ni le rejet pur et simple : c’est avant tout un produit de la ruche réellement fascinant, qu’il vaut la peine de mieux connaître pour ce qu’il est.

« Ciment » de la ruche, la propolis est une substance dure et friable, mais qui devient malléable à partir d’environ 35°C et fond vers 70°C. Sa couleur varie du jaune clair au brun, au vert foncé ou au noir, avec un goût légèrement amer et une odeur de cire et de résine.

On a longtemps cru qu’elle était produite par l’abeille elle-même, à partir d’une digestion du pollen. Les spécialistes s’accordent aujourd’hui à dire qu’elle est récoltée sur les bourgeons de certains arbres — bouleau, aulne, sapin, chêne, frêne, peuplier — puis mélangée à des sécrétions salivaires qui en modifient les propriétés avant son utilisation dans la ruche.

Les abeilles s’en servent surtout pour améliorer l’isolation thermique de la ruche, réparer les rayons abîmés et tapisser les parois des cellules de couvain.

Depuis sa « redécouverte », la propolis est à nouveau vendue dans le commerce. Les apiculteurs la récoltent en la raclant des cadres et des parois de la ruche, en général par temps frais pour qu’elle se détache plus facilement. La récolte reste malgré tout modeste : de 50 à 300 grammes par ruche et par an.

Composition

Comme la gelée royale, la propolis contient un certain nombre de substances encore mal caractérisées, et sa composition exacte varie selon son origine végétale. En moyenne, elle se compose d’environ :
– Résine : 50 %
– Cire d’abeille : 25 à 30 %
– Pollen : 5 %
– Matières diverses : 5 %

Une longue histoire dans les usages traditionnels

La propolis a une longue histoire dans la médecine traditionnelle et populaire : Pline, Aristote et Avicenne en font mention dans leurs écrits, et elle aurait fait partie du paquetage des légionnaires romains en campagne. Les recherches modernes se sont penchées sur plusieurs de ses propriétés, notamment antibactériennes, et elle continue de susciter l’intérêt des apiculteurs et des amateurs de produits de la ruche.

Ces usages traditionnels font tout l’intérêt de la propolis — mais ils ne remplacent pas un traitement médical établi. Ses propriétés n’ont pas été suffisamment confirmées ni encadrées par les autorités sanitaires pour être présentées comme un remède à une affection quelconque. En cas de problème de santé, mieux vaut toujours consulter un professionnel de santé plutôt que de se reposer sur les produits de la ruche en remplacement d’un suivi médical.

extraits de La Santé par le miel de Jean-François Chèzeries (LDP)