Les abeilles accros aux néonicotinoïdes ?

Les abeilles accros aux néonicotinoïdes ?
 

Chaque jour, en partant butiner, les abeilles se servent de leurs sens pour percevoir et détecter la qualité des fleurs qu’elles pollinisent.

Il semblerait qu’elles développent avec le temps une préférence pour les fleurs traitées ou contaminées par des néonicotinoïdes, des pesticides utilisés par les exploitants agricoles du monde entier. Les abeilles deviennent toxicomanes en quelque sorte. Un constat inquiétant compte tenu de la toxicité de ces substances: les néonicotinoïdes sont de puissants neurotoxiques qui s’attaquent au système nerveux des insectes. Elles détériorent les fonctions motrices, d’apprentissage, d’orientation et de navigation des abeilles, altérant leurs capacités pollinisatrices, ainsi que leurs chances de retour à la ruche.

Plusieurs travaux vont dans ce sens. L’étude la plus récente a été publiée dans la revue Proceedings Of The Royal Society B le 28 août par des chercheurs britanniques (de l’Imperial College London et de la Queen Mary University of London) et porte sur les bourdons, une espèce de la grande famille des abeilles au sens large (les apinae). L’expérience, qui a duré 10 jours, rassemblait 381 bourdons de 10 colonies différentes. Elles avaient à leur disposition six mangeoires contenant chacune une solution sucrée, dont certaines étaient contaminées avec des concentrations différentes en thiaméthoxame, une molécule de la famille des néonicotinoïdes.

Une action similaire à la caféine ou à la nicotine

Et les résultats sont stupéfiants. Au début de l’expérience, les insectes s’alimentaient sans distinction aux différentes mangeoires avec ou sans thiaméthoxame. En somme, ils n’avaient aucune préférence ni aucune aversion innée pour le produit. Mais peu à peu, les bourdons ont consommé davantage de sucrose contenant du thiaméthoxame. Et déplacer les mangeoires n’y a rien changé. Non seulement les petites bêtes semblent bien capables d’identifier et de sélectionner la nourriture qui contient des néonicotinoïdes, mais c’est aussi celle qu’elles préfèrent.

Au total, en 10 jours, les bourdons se sont rendus significativement plus souvent aux mangeoires contaminées (27% de plus en moyenne). «Il est probable que des concentrations faibles en néonicotinoïdes agissent de manière similaire à de la caféine ou de la nicotine», confient les auteurs. La substance active des récepteurs associés à l’apprentissage et à la mémoire. Les bourdons deviendraient accros à ce produit toxique. «Cela confirme des recherches qui avaient déjà été réalisées, mais cette fois de façon plus élégante», affirme Axel Decourtye, directeur scientifique et technique à l’Institut de l’abeille (ITSAP), à Avignon.

C’est inquiétant en soi, mais cela veut aussi dire que les bourdons transportent davantage d’insecticides à la ruche. Accentuant leur effet délétère sur les colonies.

Les néonicotinoïdes interdits en France

L’enjeu ne concerne pas simplement la biodiversité. Près de 80% des cultures à travers le monde dépendent des abeilles pour la pollinisation. Les scientifiques s’inquiètent donc à juste titre de leur disparition progressive. La plateforme intergouvernementale scientifique et politique sur la biodiversité et les services écosystémiques (IPBES) estime que 40% des espèces seraient en danger. Ce déclin est au moins en partie attribué à l’exposition aux pesticides.

La France a ainsi voté, dans la loi pour la biodiversité de 2016, «l’interdiction de l’utilisation des pesticides contenant des néonicotinoïdes, à partir du 1er septembre 2018, pour lutter contre les pesticides nocifs pour les insectes pollinisateurs et la santé humaine.» Des dérogations pourront toutefois être accordées jusqu’au 1er juillet 2020 par arrêté conjoint des ministres chargés de l’Agriculture, de l’Environnement et de la Santé. Utilisés massivement jusqu’à aujourd’hui, les néonicotinoïdes pourraient de toute façon rester encore longtemps présents dans l’environnement, et continuer de contaminer les fleurs sauvages avoisinant certaines cultures.

Src: Figaro

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