La gelée royale

La gelée royale, un produit fascinant de la ruche – Apis Cera

La gelée royale est l’un des produits de la ruche dont on parle le plus, souvent entourée d’affirmations exagérées sur la jeunesse éternelle ou les remèdes miracles. Elle mérite qu’on la regarde avec un peu plus de recul, car ce qu’elle est réellement suffit largement à la rendre fascinante.

La gelée royale est produite par les jeunes ouvrières grâce à leurs glandes pharyngiennes. Pendant la dizaine de jours où elles occupent la fonction de nourrices, ces jeunes abeilles nourrissent :
– Les larves d’ouvrières : 2 jours de gelée royale, puis 3 jours d’un mélange pollen/miel/eau
– Les larves de reines : 5 jours de gelée royale
– La reine : de la gelée royale toute sa vie

L’effet sur la reine est frappant : nourrie exclusivement de gelée royale, elle peut vivre quatre à cinq ans, contre six semaines en moyenne pour une ouvrière. En six jours seulement, une larve de reine multiplie son poids de naissance par environ 1300. On comprend que cette nourriture « royale » ait longtemps fasciné chercheurs et grand public.

La gelée royale se présente comme une pâte jaunâtre légèrement gélatineuse, à l’odeur caractéristique. Sa composition n’est pas encore totalement connue, mais elle contient environ :
– Eau : 65 à 70 %
– Glucides : environ 14 %, principalement des sucres simples
– Protides : environ 13 %, en grande partie des acides aminés
– Lipides : environ 4 %
– Vitamines du groupe B
– Sels minéraux et oligo-éléments : calcium, cuivre, fer, soufre, silicium, potassium, phosphore
Environ 3 % des composants de la gelée royale restent encore non identifiés.

D’où vient-elle ?

Si la ruche est généreuse en miel et en pollen, elle l’est beaucoup moins en gelée royale — ce qui explique en partie son prix élevé. Les apiculteurs la récoltent grâce à une technique appelée « élevage de reines » : de jeunes larves sont greffées dans des cellules royales artificielles, que les ouvrières nourrissent alors abondamment en gelée royale. Quelques jours plus tard, l’apiculteur retire le cadre et prélève la gelée, à raison d’environ 250 milligrammes par cellule — une opération délicate, généralement réalisée par des apiculteurs professionnels expérimentés.

Comme elle se dégrade rapidement, la gelée royale doit être conservée au froid (5°C maximum) pour garder ses propriétés. Elle se trouve dans le commerce fraîche, en petits pots, ou lyophilisée sous forme de gélules.

La gelée royale et la santé

La gelée royale a été étudiée pour sa richesse nutritionnelle, et certains chercheurs se sont penchés sur ses effets biologiques depuis le milieu du XXe siècle. Cela dit, ses propriétés thérapeutiques n’ont pas été suffisamment confirmées ni encadrées par les autorités sanitaires pour justifier des allégations de santé précises : nous ne la présentons donc pas comme un traitement pour une affection quelconque. Avant d’envisager une cure de gelée royale, en particulier à dose significative, il est recommandé de prendre l’avis d’un médecin — certaines personnes sont sensibles ou allergiques aux produits de la ruche, et la gelée royale ne fait pas exception.

Pas de miracle, donc, mais un aliment réellement fascinant, avec une histoire qui vaut la peine d’être connue.

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extraits de La Santé par le miel de Jean-François Chèzeries (LDP)